Batimatec 2018 : Les opérateurs du bâtiment optimistes quant aux perspectives du secteur

La 21e édition du Salon international du bâtiment, des matériaux de construction et des travaux publics, Batimatec 2018, accueille près de 1 000 participants dont plus de 400 étrangers, au niveau du Palais des expositions des Pins-Maritimes d’Alger.
Les acteurs de la construction assurent que le ralentissement de la commande publique n’a pas touché l’ensemble du secteur et se félicitent, d’autre part, de la révision de la liste de suspension à l’importation.
Certains échos ont fait état d’une moindre participation des opérateurs économiques locaux à cette édition du fait de la baisse des investissements dans ce secteur, mais les acteurs du bâtiment assurent que « le marché se porte bien ! » et confient même leurs perspectives optimistes pour l’avenir. « La construction ne concerne pas uniquement le logement social, il y a également les promotions immobilières et l’auto-construction, par exemple », indique Omar Hasnaoui, directeur général du groupe éponyme basé à Sidi Bel Abbès. Ce dernier segment, à savoir l’auto-construction, a un bel avenir devant lui, « car le citoyen algérien a la culture de bâtir lui-même sa maison ou la modifier », explique le même responsable.
Concernant le contexte national, les opérateurs du bâtiment assurent que des avantages existent bel et bien pour la production locale à travers notamment le prix de l’énergie « très abordable par rapport à d’autres pays», et une maîtrise de plus en plus grande des différents procédés créatifs de chaînes de valeurs, par les entreprises locales. « Nous ne voulons pas exporter du brut, mais plutôt le produit fini. Nous avons commencé à prospecter de futurs clients», indique Omar Hasnaoui à propos du marbre et du granit extrait des carrières à Tamanrasset, qui permet au groupe de produire 3 500 m2/jour et d’ambitionner d’atteindre « à moyen terme » 10 000 m2/jour. « Nous avons en Algérie des couleurs de marbre qui n’existent pas ailleurs ou dont les carrières ont fermé dans d’autres régions du monde », explique-t-il. Interrogés sur les estimations du march du BTPH, d’autres exposants ont noté qu’il s’agit d’un marché « difficile à estimer », du fait notamment de l’informel. « La régulation du marché doit être faite pour lutter contre l’informel. Un investisseur n’a pas assez de visibilité pour entreprendre de nouvelles activités », affirme-t-on. « Il faut que la norme soit citée et vulgarisée au niveau des cahiers des charges pour hisser la qualité de construction en Algérie », appelle le représentant d’une entreprise spécialisée dans la brique, les tuiles et les revêtements de sol.

Les céramistes se félicitent de la levée de suspension à l’importation
Par ailleurs, les exposants sont revenus sur les dernières évolutions politiques concernant l’encadrement des importations. Une mesure, faut-il rappeler, qui a été allégée pour desserrer l’étau sur plusieurs activités industrielles, notamment dans la céramique. « Les dispositions d’interdiction d’importation n’ont pas ralenti l’activité, celle-ci a été carrément stoppée », tient à témoigner Djamel Badreddine, responsable du commerce extérieur chez Ceram Decor. Il note en revanche une évolution positive de l’activité de l’entreprise sur les dernières années. « Nous produisions en 2015 jusqu’à 11 000m2/jour et grâce à nos extensions, nous parvenons en 2018 à 35 000 m2/jour avec un stock zéro», indique-t-il. De passage au Batimatec 2018, le président de l’Association des céramistes algériens (ACA), Mohamed Moncef Bouderba, confirme que la filière céramique « a connu beaucoup de problèmes depuis ce qui a été décidé en décembre ». M. Bouderba rappelle que des problèmes d’approvisionnement en matières premières ont été provoqués par « un glissement » de la liste établie par le ministère du Commerce vers des produits qui n’auraient pas dû être concernés. « Ce qui nous a porté préjudice et engendré un arrêt des investissements dans la filière », indique celui qui représente 35 sociétés de la filière céramique. « Nous sommes parvenus à obtenir gain de cause après des négociations très difficiles », assure-t-il. Ajoutant que la quantité de matière première dans la céramique produite en Algérie est à 40% du besoin national. « Nous échangeons régulièrement avec le ministère du Commerce pour assurer de bonnes conditions d’activité et promouvoir la production nationale », conclut le président de l’ACA.

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